Il était né le 10 mai 1957. Ses parents n'avaient jamais officialisé leur mariage et personne ne fut surpris lorsque son père, John Ritchie, se fit la belle lors de vacances a Ibiza... Sid, de son vrai nom Simon, avait 2 ans. Sans le sou, sa mère fait de petits boulots : elle tape des scripts, "et aussi gagne un peu d'argent en roulant des joints dans les parties". Mère et fils retrouvent Londres en 1961. Hippie grand teint, Anne beverly essuie les remarques cinglantes du voisinage et inculque à son fils cette maxime : " Do what the fuck you like " (" Fais ce qui te putain te plaira ")... En attendant le futur Sid Vicious est un modèle... De cancre. Il change d'école comme sa mère d'appartement. Très, très souvent. Plus tard il dira : " Il y a 3 catégories d'élèves : ceux qui s'adaptent au système, ceux qui ne peuvent pas par manque d'intelligence, et ceux qui ne veulent pas parce que ca ne leur convient pas. Vous pouvez me coller dans cette dernière." A l'age de 15 ans, il plaque ses études, suit de loin un cours de photographie dans lequel il se fait remarquer! Intraitable, l'adolescent refuse entre autres d'ouvrir un livre. " Je ne lis jamais. Sauf des comics. Je déteste les livres. Je trouve ca fastidieux, sauf les livres d'horreur ", dira-t-il plus tard. C'est dans cette Art School qu'il fait la connaissance d'un certain John Lydon, futur Johnny Rotten. Les 2 ados deviennent inséparables. Simon-Sid vagabonde. Dort dans des squatts. Disparait. Revient, repart. En 1975, sa mère explose : "Tu vis avec moi ou pas. Si tu veux vivre ta vie, fuck off! " Simon Beverly devient squatteur. Et superfan de David Bowie. Il fleurte avec la prostitution. La meme année, John Lydon est viré de chez ses parents. Lui aussi. Après s'etre coupé les cheveux au sécateur, il s'est fait teindre sa crinière couleur vert pomme. A force de hanter Portobello Road, les garcons rencontrent un bien curieux personnage. Fripier, intellectuel fasciné par les théories des situationnistes francais et en meme temps fou de rock'n roll américain, Malcolm Mclaren a meme tenté d'emigrer aux Etats-Unis pour manager les gamins terribles des New York Dolls. Un échec cuisant qui l'a contaminé au point de chercher à monter de toutes pièces un groupe anglais qui serait la réponse et la solution au marasme glauque dans lequel se complait une industrie du disque qui béatifie les Elton John et autre Fleetwood Mac. Déjà 2 ou 3 musiciens répètent. Ils sont bons, mais il leur manque un chanteur ! Aussi, quand dans sa boutique de Portobello Road, Sex, Malcolm voit un jour entrer John Lydon, exsangue dans un tee-shirt Pink Floyd (Lydon a balafré au marqueur son tee-shirt d'un rageur I HATE qui surplombe les tetes des paisibles Floyd et détourne le vetement promotionnel en déclaration de guerre), il lui demande aussitot s'il peut chanter. Lydon renifle avec mépris. Il peut tout faire. Rendez vous est pris pour une audition. Lydon tergiverse, puis poussé par Sid, se pointe. Le guitariste Steve Jones, cambrioleur assez doué et rusé pour constituer l'équipement du futur groupe en cambriolant les villas de Ron Wood, Rod Stewart et Keith Richards, abreuve l'aspirant chanteur de lazzis choisis dans le vert répertoire cockney.