suite de l'article : L'ULTIME PUNK.

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Lydon nerveux et hésitant jusque-là, craque. Il enclenche le juke-box, sélectionne un vieux hit d'Alice Cooper ("I'm Eighteen") et mime avec une intensité maniaque les paroles. Brandissant une pomme de douche en guise demicro, John Lydon invente une danse de Saint Guy et gargouille des impréciations terrible : " J'ai 18 ans... Baisons dans l'herbe... J'ai 18 balais, baisons..." Le gamin éructe, bave et imite un Quasimodo électrocuté. Conquis, les musiciens hurlent de rire. Mclaren, lui, est fasciné. " Je savais qu'il y avait quelque chose... " Il persuade le noyau instrumental, Paul Cook à la batterie, Steve Jones à la guitare et Glen Matlock à la basse, de répéter avec l'inconnu. En vérité, personne dans le groupe n'aime ce nouveau venu. Seul McLaren pressent une entité terrible, un nouveau Iggy Pop. Johnny Rotten (" Johnny le Pourri " comme il se surnomme aussi sec) de son coté ambitionnerait plutot une carrière surréaliste à la facon de son idole Captain Beefheart. Pour McLaren, à l'époque : " J'avais l'impression que cet assemblage incongru de gamins pouvait vraiment réussir le gros coup. Devenir l'alternative aux Bay City Rollers. Un groupe d'assassins. Ca a commencé comme ca." Les Sex Pistols répètent, composent : " Pretty Vacant ", " Kill me Today ". Une des premièresrépétitions de 1976 a fini sur un disque posthume, " The Great Rock'n Roll Swindle ". On y entend les Pistols reprendre un vieux Chuck Berry, " Johnny Be Goode ". Créant un véritable ouragan de violence froide, ils saccagent l'hymne rockabilly dans un tourbillon maniaque. Malcolm leur décroche un premier concert. Il était temps ! De New York surgit la rumeur annonciatrice d'une virulente nouvelle scène. On parles de groupes aux noms mystérieux : les Ramones, les Heartbreakers, Patti Smith, Television... Depuis 1974, un journal mensuel de rock basé à Detroit, Michigan, tente de définir une nouvelle esthétique rock : le punk. Un journal surgit à New York : Punk Magazine. L'expression fait tàche. Pour leur premier concert, les Pistols jouent 5 titres en première partie d'un obscur groupe rockabilly. Comme s'ils devinaient que la partie est loin d'etre gagnée, ils se déplacent déjà avec une petite troupe de fans, le Bromley Contingent. Parmi ce noyau, 3 futures punk stars : Siouxsie Sioux, bas résilles, minijupes ras du bonbon, seins nus et brassard nazi, William Broad, qui se rebaptisera bientot Billy Idol et Adam Ant. Et Sid Vicious, fidèle au poste. L'action se passe autant devant la scène que sur la scène ! Les Pistolets reprennent " Substitute " des Who, Rotten massacrant les paroles ! Les Pistols ont pris l'habitude de terminer leurs concerts par une reprise des Stooges, le 1er groupe d'Iggy Pop. Ils massacrent donc " No Fun " pendant que Rotten fracasse ce qui reste de matériel, lancant des regards bilieux de tueur psychotique au public effaré. On parle tellement d'eux que le New Musical Express envoie un de ses journalistes les voir au Marquee Club. Neil Spencer ressort traumatisé : " Je suis allé les voir en coulisses, Rotten me parlait et je me disais : pourquoi ai-je les cheveux aussi longs? Le lendemain, je me les suis fait couper." Sa critique est dithyambique. L'impact du papier, stupéfiant. Rotten déclare : " nous sommes branchés sur le chaos total." A Manchester, à Londres, des groupes se forment aussitot. Les maisons de disques viennent renifler l'atmosphère... A Londres la compétition est féroce. Désormais, ils sont 3 groupes a rechercher la pole position. Rejoints en course par les Damned et les Clash, les Pistols découvrent un endroit abyssal, le Club 100, sur Oxford Street. ils s'y déchainnent passionnément. Et Sid? Il effectue justement un retour au premier plan lors d'un concert au club 100. Dans une nouvelle chanson " I Wanna Be Me ", les Pistols ridiculisent les critiques de rock, ces amis des détestés dinosaures du rock. Un soir, l'un des doyens de cette presse honnie vient voir le groupe. L'occasion est trop belle. Sur les recommandations de McLaren semble t-il, Vicious harrasse le critique. Les insultes fusent. Le journaliste refuse de céder sa place. Sid sort une chaine à vélo de son blouson et la lui fracasse sur le crane. Sang, chaos, furie, ambulance. En cet été de l'année 1976, Sid Vicious fonde son premier groupe, les Flowers Of Romance. Nihiliste, il frappe ses premiers accompagnateurs par son incroyable rapidité d'adaptation. En une nuit, rétamé au speed, il apprend les rudiments de la basse, s'entrainant à jouer en écoutant l'album des Ramones. Le jour de la premiere répétition, il amène 2 chansons : " Belsen c'était le pied " et " Donnez-moi la troisième guerre mondiale qu'on rigole ".
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# Posté le dimanche 27 janvier 2008 13:23

Modifié le samedi 02 février 2008 14:51

L'ULTIME PUNK suite

L'ULTIME PUNK suite
Malcolm booke un studio. Les Pistols tentent de coucher sur bande un premier 45 tours ruisselant de vilenie : " Anarchy in the UK ". Malcolm décide de frapper fort : il emmène les Pistols donner un concert à Paris. Ce sera l'historique gig du Chalet du Lac, organisé par Pierre Benain, au bois de Vincennes. A leur retour à Londres, les Pistols ne touchent plus le sol. Malcolm non plus, il refuse de signer chez les indépendants. Il veut frapper un grand coup. Il a raison : en octobre, la respectable compagnie EMI Records, berceau des Beattles, après des semaines de surenchère avec Polydor, craque et signe les Pistols pour le Monde en échange d'une avance de 40.000 livres... La victoire de McLaren est totale. Sans expérience, il a fait plier le métier du disque à ses volontés. Non sans réticence, EMI consent à sortir " Anarchy " en premier 45 tours. Alors que la controverse autour des Pistols grandit, le groupe décroche sa première télé. Nous sommes le 12 novembre 1976. L'interviewer Bill Grundy, débordé en direct sur la sacro-sainte BBC, perd totalement le controle de son show. A 18h25, traité de " sale enfoiré " puis de " putain de vieux saligaud " par Steve Jones, le présentateur Bill Grundy se suicide en direct, tombant dans le panneau d'une surenchère à la provocation (" Répétez moi ca ? "). A peine le générique de fin envoyé, alors que le standard de la BBC explose, alors qu'un chauffeur de bus outragé jette sa télé par la fenetre, les Pistols s'enfuient par une porte dérobée, au moment ou la police de Sa Très Gracieuse Majesté envahit les studios. Le scandale est énorme, relayé à des millions d'exemplaires par les tabloids affamés de sensatipn. Les rastas l'avaient annoncés : 1977 serait l'année de toutes les terreurs. " L'année ou les deux sept se batailleraient. " Les Pistols ne parviennent meme pas à trouver un pub qui accepterait de les laisser jouer le soir de Noel. Malcolm en vient à accepter de rénover un club pourri, le Roxy, pour que ses garcons y jouent le 31 décembre. Désormais, les Pistols peuvent jouer, relayés par une marrée de nouveaux venus : les Adverts, Génération X, Pénétration, Buzzcocks... Tout le monde sort des disques. Sauf les Pistols... Durant ces mois d'inactivité forcée, la vielle querelle qui oppose Rotten à Matlock se ravive. Rotten ne mache pas ses mots : " Glen est un fils à sa mémère, il joue bien, mais il aime trop les Beattles ! " Pire encore : Matlock est copain avec les Clash, il s'affiche avec leur guitariste, Mick Jones. Là, c'en est trop. Le 27 janvier Malcolm tranche. Il envoie un télégramme au New Musical Express annoncant que le bassiste est sacqué. Alors que Jones et Cook se demandent s'il ne faudrait pas engager le bassiste des Clash, Paul Simonon, Rotten joues son vatou. Le nouveau bassiste des Pistols sera... Sid Vicious. Un Sid Vicious fou de joie. Depuis 18 mois, il contemple l'ascension vertigineuse de son vieil acolyte. Tout Londres le sait : il est le fan numéro un des Pistols. Qui plus est, il se découvre enfin un père adoptif : Malcolm McLaren, auquel il vouera au départ un respect de chien perdu. Comme tout le petit contingent punk, Sid prend des pilules. Amphétamines, speed. Intelligent, timoré, il se paye le luxe d'hésiter longuement à accepter l'offre de Rotten. Le pas sera franchi fin janvier, il va découvrir la gloire, l'amour et le smack. Tout ca roulé serré dans la meme fille : Nancy Spungen. Nancy Spungen décrite comme " la prostituée junkie absolue ", a une fascination pour les rock stars et un fantastique désir de s'imposer sur la scène punk. Elle arrive de New York début 77. Son but : retrouver Jerry Nolan, le batteur des Heartbreakers, qu'elle entretenait à New York. Le manager des Heartbreakers la rencontre dans la rue et lui interdit d'approcher ses musiciens. Nancy tourne les talons. Elle fait connaissance de Sid une semaine après, le 13 janvier, le soir de son premier concert avec les Pistols. " Nancy a essayé de se faire Johnny Rotten. Il la haissait. Elle a alors jetté son dévolu sur Sid ", raconte un roadie du groupe. Sid est fasciné par l'Américaine. " Je ne veux plus jamais baiser personne d'autre " affirme-t-il à la cantonade. " Il avait jamais baisé personne d'autre avant ", avoue, fou de rage, Rotten. Ecoeuré par Nancy, le chanteur retirera bientot son amitié à Sid. Malcolm approche Virgin et CBS, se rabat sur A&M, compagnie fondée par le Georges Jouvin américain : Herp Albert ! Mais A&M, dont les artistes s'appellent Supertramp et Peter Frampton, est excitée par les nouvelles maquettes des Pistols. Parmi ces titres,ne trouve-t-on pas un violent brulot antimonarchique écrit par Rotten : " God Save The Queen "? Le 10 mars, le groupe signe, obtenant une avance de 75.000 livres. Les gens de A&M ont organisé une fete dans leurs bureaux. Fidèles à leur réputation, Les Pistols ingurgitent force quantités d'alcool et saccagent tout. Une rumeur prétend meme qu'une dactylo aurait subi les derniers outrages dans les toilettes. L'affaire fait grand bruit. Des Etats-Unis arrive un télex décisif : " Virez les Pistols immédiatement ! "
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# Posté le jeudi 31 janvier 2008 18:10

Modifié le samedi 02 février 2008 14:52

L'ULTIME PUNK suite

L'ULTIME PUNK suite
En six mois les Pistols avaient recu 125.000 livres... pour ne pas sortir de disques. Comprenant que la situation de son groupe est inextricable, Malcolm, impeccable dans son role de génie communicateur médiatique, décide de tout miser sur un film long métrage sur eux. Pendant ce temps, Sid fait les délices de la presse anglaise. Dans une interview au Daily Mirror, il affirme : " Je ne suis pas vicieux, j'aime ma maman " et dans la foulée, il conclut : " Je penses que je mourrai vers 25 ans, mais j'aurai vécu comme je voulais. " Plus tard, il confiera ce qu'il pense vraiment des journalistes au premier biographe des Pistols, Judy Vermorel : " Quels putains de branleurs, ces journalistes ! Ils sont si lourds ces trou du cul, savent rien, complètement bouchés. Tiens ils me donnent envie de gerber. La facon dont ils nous enculent, ils sont tellement gluants ! Quand ils disent " Voici le merveilleux Ducon " et ils n'en pensent rien. Depuis le temps qu'ils présentent, ils n'ont pas pensé un seul mot de ce qu'ils disent, vous comprenez? La télé est déprimante, ca me terrorise. " Quelle est la solution, alors ? Vicious est formel : écouter les Ramones. Et les Pistols. Mais surtout, ajoute-t-il : " Rester un kid. Un gamin. Les adultes sont complètement dénués d'intelligence. Alors restez gamin. L'age n'importe pas. Vous pouvez avoir 99 ans et etre resté un gamin. " Le gamin fait sa première rencontre avec la Némésis des junkies : hépatite virale. Après une terrible confrontation avec Malcolm, Sid est expédié à l'hopital dans le plus grand secret. Il y restera un mois. Les autres Pistols ont juré le silence. Paul Cook et Steve Jones rendront quelques fois visite à Vicious. Rotten jamais. Par contre Nancy est là, tous les jours, avec ses yeux charbonneux, ses bas résilles et ses bouclettes blondes, elle console Sid, le rassure, le materne, lui fait des pipes... A sa sortie de l'hopital, le 13 mai, le couple est inséparable. Enfin les Pistols signent. Avec Barclay en France, Virgin en Grande-Bretagne. " God Save The Queen " sort le 27 mai 1977. Il s'en vend 150.000 exemplaires en cinq jours. La BBC bannit immédiatement le disque. Au moment ou la presse mondiale arrive à Londres pour les cérémonies du jubilé de la reine d'Angleterre, la controverse déchainée par les Pistols devient un gigantesque révélateur des tares du système britanique - et de tous les autres. Tout l'establishment du disque se bat et ruse pour tenter de maintenir " God Save The Queen " en seconde position. Aujourd'hui encore, il semble que les chiffres de vente d'un 45 tours de Rod Stewart (" I don't Wanna Talk About It ") aient été truqués pour que l'outrageux simple des Pistols, lacéré de " No Future " hurlé par un Rotten antéchristique, ne soit pas numéro un en plein jubilé. Du coup les Pistols ripostent. Organisent un happening fluvial, louent un bateau-mouche pour aller jouer " God Save The Queen " et " No Fun " sur la Tamise, en face de Buckingham Palace. Le concert improvisé sur le pont du bateau est un fantastique glaviot à la face des institutions. Sid Vicious, torse nu, une chaine fermée au cadenas autour du cou, fait vrombir sa basse avec la judicieuse parcimonie des speed freaks. Il époustoufle. Cook et Jones s'amusent à marteler un vertigineux métal. Rotten est très bien, écrasant une cigarette sur un spectateur distrait. A partir de cet instant magnétique, fou, cosmique, véritable débauche d'orgasmes électriques en face de la royauté, le reste de la saga des Pistols sera une longue redescente, un retour des enfers. Dans l'immédiat, la police intervient, arraisonne le bateau bourré de journalistes et d'amis du groupe... Les Pistols échappent aux Bobbies. Seuls Malcolm et quelques journalistes finissent la nuit en prison.
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# Posté le vendredi 01 février 2008 05:44

Modifié le samedi 02 février 2008 14:52

L'ULTIME PUNK suite

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Ils en sortent pour découvrir l'Angleterre en furie. Tout le monde n'apprécies pas ! Les Pistols se retrouvent au centre de toutes les controverses. Jamie Reid, le graphiste du groupe et inventeur des fameux logos, puis Rotten sont attaqués dans la rue par des hommes du National Front venus " Venger l'honneur de la Reine ". Terrifiés, les Pistols se regroupent au Portobello Hotel. En sont expulsés. Rotten, Nancy et Sid se terrent dans un hotel chic, sniffant du speed jour et nuit, terrorisés. Eternel prestidigitateur, McLaren sort de son chapeau une tournée de trois semaines en Scandinavie. Mais auparavant les Pistols succombent aux offres de Virgin et tournent un clip pour leur prochain 45 tours, " Pretty Vacant ". Malcolm, isolé à Hollywood, négociant le long métrage, apprend la nouvelle. Il insulte Rotten, Virgin, Branson : rien n'y fait. Le clip de " Pretty vacant ", " trahison esthétique ", qui fait rentrer les Pistols dans le moule d'un groupe de rock'n roll comme les autres - et rien de plus -passe à la BBC. La tournée Scandinave est dans l'esprit du clip. Les Pistols fonctionnent alors comme un groupe de rock, un vrai. Nul plus que Sid Vicious ne s'en enorgueillit. Sans héroine et sans Nancy (ou l'inverse), Sid vit un remake des aventures des Beattles dans " Help ". Coursé par des hordes de fans, il cavale d'hotels en concert. Le 30 juillet, retour à Londres et redescente. La presse mondiale demande sa dose de Pistols. Eux qui avaient foncé à la vitesse de l'éclair, frappé ou personne ne les attendait et esquivé l'ennui se retrouvent coincés par les scribes de Rolling Stone. Terminal boredom... Une biographie. Des projets de scénario pour le film de Malcolm. Et en plus, Virgin veut que les Pistols livrent d'urgence sur lequel Jones et Cook travaillent depuis des mois. Une mini-tournée Anglaise commence. Revenu des States, McLaren a la douleur de découvrir de nouveaux Pistols sur scène. Plus pros, moins délire. Johnny Rotten le haineux sourit au public ? Malcolm est furieux. Heureusement, il reste Sid. Propulsé par son image " sexe, drogue et rock'n roll ", le gamin timide vas au cours de cette tournée devenir vraiment Sidney Vicieux, le gladiateur électrique provoquant les spectateurs, cherchant la cogne aux roadies musclés après les concerts. Le mois de septembre de cette année -là, le camp Pistols éclate : Cook et Jones retournent en studio, Sid retrouve Nancy et la drogue. Johnny Rotten se mure chez lui, avec une bande d'amis surs. Et la parano monte. Malcolm réussit à faire sortir Rotten de sa retraite pour discuter du long métrage avec le réalisateur américain Russ " Big Boobs " Meyer. Très vite la discussion atteint son point de non-retour, Russ Meyer affirmant à Rotten, mort de rire : " Petit con ! c'est ton trou de balle que nous, les Yankees, avons sauvé pendant la guerre ! " avant de claquer la porte. Le film " Who Killed Bambi " s'arrete là. Mais l'album sortira, avec un titre paillard " Nevermind The Bollocks ", trouvé par Steve Jones. Est ce un album ou une collection de hits ? Rotten désapprouve l'inclusion des 45 tours, ajoutant encore un climat de désillusion. Désormais une guerre sans merci est ouverte entre lui et McLaren. C'est dans cette affreuse ambiance que 77 s'achèverait... Si Malcolm ne décidait de faire une dernière tentative. Le 29 Décembre, il emmène les Pistols aux Etats-Unis. Non sans batailler avec l'ambassade américaine. Drole de pistolet, ces Pistols : Jones a treize arrestations pour cambriolage à son casier, Cook divers vols, Vicious d'innombrables charges de baggare et d'aggressions, Rotten une condamnation pour possession de sulphate d'amphétamine. des casiers judiciaires qui font la une de tous les journaux lorsque les Pistols posent enfin le pied à New York, le 3 janvier 78.Pour la compagnie américaine du groupe, Warner, le potentiel des Pistols est énorme. Ils sont déjà des " stars " ils vont vendre des disques. Pour McLaren, qui garde une vielle rancune " newyork-dollsienne " envers New-York et Los Angeles, le groupe doit éviter la presse, les grosses villes, se concentrer sur l'amérique profonde, le Texas, le Sud. Encadré par des gardes du corps vétérans du Vietnam payés par Warner (qui n'hésites pas a mettre les Pistols au pas très violement). Sid s'affole. Il régresse; sa conso de drogue augmente. Memphis, San Antonio... Austin... Quelque part, Malcolm avait raison. C'est là que les Pistols donneront les meilleurs concerts de leur courte existence. A San Antonio, les punks anglais sont accueillis par une pluie de hot dogs, boites de bières, bouteilles de Jack Daniels... Sid Vicious s'avance vers un micro : " Vous autres les cow-boys... Tous des pédés ! " La réaction des Texans est indescriptible. Dans les huées, alors qu'une foule houleuse charge la scène, un jeune Texan saute sur les planches, immédiatement cueilli d'un coup de Fender Bass dans la tete. Le concert est arreté. Sid prend une boite de bière dans le nez. Pissant le sang, il continue a jouer, zigzaguant en vrombissant autour de l'imparable axe Jones-Cook. Clou du spectacle : Johnny Rotten se prend une tarte à la crème en pleine figure. Les Pistols sont ravis. Ce soir là, Sid déclare à la journaliste de Punk Magazine : " Je veux faire comme Iggy Pop, mourir avant d'avoir trente ans ! "
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# Posté le vendredi 01 février 2008 07:48

Modifié le samedi 02 février 2008 14:53

L'ULTIME PUNK suite

L'ULTIME PUNK suite
" Mais Sid, s'étonne la reporter, Iggy est toujours vivant et il a plus de trente ans !" Sid n'entend déjà plus rien, il est tombé dans un coma de junkie. Pour Johnny Rotten, la coupe déborde. Personne ne lui parle. Son humour sarcastique glisse sur les américains comme sur les plumes d'un canard sauvage et voilà son ex-ami Sid Vicious en train de lui voler la vedette des shows. Claquemuré dans sa chambre, Rotten redevient Lydon. Il se retire mentalement du groupe. Et la tournée continue. A Baton Rouge, Sid fait l'amour sur scène avec une punkette blonde qui répond au doux surnom d'Helen Killer... Partout désormais, le bassiste des Pistols se promène avec un grand coutelas. A Dallas il monte sur scène torse-nu. Il s'est écrit au marqueur un message sur le torse, au milieu des cicatrices : " GIMME A FIX " (" Je veux mon shoot "). désormais, le spectacle tourne autour de Sid. Qui finit le concert avec trois cordes de basse cassées, mais toutes les caméras et tous les spectateurs à ses pieds. Puis, ils atteignent San Francisco pour ce qui sera l'ultime concert des Pistols. Sid est out of control. Les roadies se relayentautour de lui pour l'empecher de se tuer avant le dernier concert de la tournée. En arrivant à San Francisco, ils apprennent que la tournée Finlandaise, prévue après celle des Etats-Unis, est annulée. Warner voudrait que les Pistols jouent au Madison Square Garden. Malcolm : " D'accord, à un dollar la place." Refus de Warner. Idée de Malcolm : " Partons à Rio voir Ronald Biggs, le héros de l'attaque du train postal." Pendant ce temps, Rotten donne une interview une radio locale et martelle " Je n'ai rien à foutre du rock, je ne sais pas ce que je fous ici, je veux tout détruire." Le soir du 14 janvier, les Pistols jouent pour la première fois de leur existence devant 5.000 personnes, au Winterland. Le disque pirate de ce concert montre le groupe fragilisé, fatigué, rompu, fracassé : " Je suis un avortement " glapit Rotten. " No Fun " est la conclusion évidente, alors que Rotten semble réaliser que le message nihiliste des Stooges deviendra du coup l'épitaphe des Sex Pistols. Dans les coulisses, alors que Sid demande à la cantonade : " Qui veut baiser avec moi ? ", Rotten tente de rallier Cook et Jones. A eux tous, ils peuvent virer Malcolm. Annuler l'idiot voyage à Rio... Retour à l'hotel. Face au manager, la discussion s'envenime. Malcolm est cinglant : " John, tu es devenu un vrai petit Rod Stewart, ma parole ! Vas chercher ta coke ailleurs, sors d'ici ! " Rotten s'en va... à l'aéroport. Il prend un avion por New York avec 30 dollars en poche. Le matin du 17 janvier, le grand espoir des Sex Pistols, les " Rolling Stones des années 80 ", est bel et bien mort. Sid Vicious, lui rejoint Los Angeles ou il manque mourir d'overdose. Lui aussi part à New York, mais il tombe dans un coma drogué dans l'avion après s'etre injecté de la méthadone et avoir avalé six valiums. Dès l'atterrissage, il est hospitalisé au Jamaica Hospital. Bloqué trois jours seul à la clinique par une tempete de neige, Sid appelle un reporter du New York Rocker au secours : " Je veux des comics books ! " Puis il médite sur la fin des Pistols : " Steve et Paul essaierontde faire un autre groupe. Ils se planteront. Johnny est fini, foutu. Moi, je suis content que ce soit terminé, j'étais le seul à mettre un peu d'énergie dans le groupe ! " Fin janvier, tout le monde rentre en Angleterre. Rotten redevient Lydon, Sid Vicious et lui donnent assez d'interviews pour confirmer la mort des Pistols. Pendant que Malcolm tente de sauver l'idée du film, Lydon engage des avocats contre son ancien mentor. Commence un interminable imbroglio judiciaire. Malcolm ? Privé de Rotten, il fait appel à Sid Vicious qui le déteste désormais et n'acceptera pas de venir à Paris chanter " My Way " à l'Olympia qu'à condition que Malcolm lui signe un papier sur lequel il a écrit " Malcolm McLaren n'est plus mon manager. " Malcolm signe et Sid enregistre " My Way ". Une version fameuse, exemple de déjante catastrophiste, dernière turgescence punk avant le nettoyage new wave. Désormais Sid et Nancy flottent dans un coma semi-pe^rpétuel. Rétamés à l'héro depuis un an, ils glissent dans une hébétude permanente, hantent les clubs, achètent leurs doses, s'enfoncent dans une torpeur d'ou ils sortent pour des bagarres de chiffoniers. Le couple décide de s'expatrier à New York. Ils s'installent à l'hotel Chelsea, refuge des bohémiens et autres laissés pour compte du reve américain. Le couple a pourtant de grands projets. Ils vont arreter la drogue, se marier, Sid va faire un disque, Nancy managera sa carrière. Mais si Londres était dur, New York est terrifiant de brutalité. Sid se fait attaquer dans la rue, il se fait braquer dans le Lower East Side, puis à la sortie du CBGB. Pourtant, il trouve le moyen de donner un concert au Max's Kansas City, accompagné par un noyau dur de Heartbreakers augmenté du Clash Mick Jones à la guitare. Un disque en sortira : On entend Sid trébucher comme un somnanbule au long de reprises punks et de standards rockabilly. Pour l'industrie du disque, Sid Vicious est un peu le Johnny Thunders anglais : un artiste à ne pas toucher. Le cauchemar s'amplifie lorsque Nancy décide d'aller présenter " son fiancé " à ses parents à Philadelphie. Délabré, mal remis de ses trois overdoses, Sid pille la pharmacie familiale. Ses conversations avec Nancy face à la famille éberluée tournent autour de la mort, du suicide. Le 11 octobre, Sid passe au bureau de Virgin et recoit une avance en cash... 1500 dollars ! Dès son retour au Chelsea, Nancy convoque les dealers. Des Portoricains amènent de l'héroine à quatre heure du matin. La suite ne sera jamais claire. Quand Sid sort de son coma poudreux à l'aube, il découvre Nancy morte. Sous le lavabo de la salle de bains. En soutien-gorge et en slip noir. Elle baigne dans une marre de sang.
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# Posté le vendredi 01 février 2008 10:53

Modifié le samedi 02 février 2008 15:01